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 - Allo ... Allo ? Il y a quelqu’un ? - ... - Vous êtes là ? - ... - C’est bien vous ? ? - ... - Votre silence est un aveu. - ... - Vous refusez toujours toute discussion ? - ... - Bien. Qu’à cela ne tienne... Vous ne m’empêcherez pas de vous dire ce que j’ai à vous dire. Hum !... Je vous appelle au sujet des enfants. Vous vous souvenez de mes enfants ? Bien sûr que vous vous en souvenez puisque ce sont aussi les vôtres. - ... - Je me sens impuissante, tellement impuissante... Je leur ai tant donné... Je les avais pourtant mis en garde, j’ai fait tout ce que j’ai pu mais là, je n’en peux plus. Il faut m’aider. - ... - Vous êtes toujours là ? - ... - Evidemment que vous êtes là. Je vous entends penser, laver votre conscience en vous convainquant que tout est de ma faute, que c’est ma faute s’ils vont... mourir. Parce qu’ils vont mourir, mais ça, vous le savez aussi, n’est-ce pas ? - ... - Vous m’aviez ordonné d’agir en bon père de famille... C’est ce que j’ai fait ! Je leur ai tout donné ! J’ai accru et favorisé leur bien-être. Je pensais que la sagesse suivrait. Ils ne sont pas sages, et moi, je suis bien seul. Comment leur faire comprendre ? - ... - J’aimerais tant qu’ils s’inquiètent de mon sort ... Un peu... De temps en temps... Qu’un matin ils se lèvent en pensant à moi, à eux, à leur avenir. « Tiens, qu’allons-nous faire pour « elle » aujourd’hui ? » Mais chaque jour est pareil au précédent. Ils ne font rien, ou si peu. Certains sont de bonne volonté, certes, mais ceux qui les dirigent ne bougent pas, ne leurs donnent aucune directive, ne prennent pas le taureau par les cornes. Ils vont tous mourir et moi, je continuerai à vivre... Est-ce moral de regarder mourir ses enfants ? Je voudrais disparaître, ne plus exister, fermer les yeux pour ne plus voir. Je vous en prie, donnez-moi un conseil, rien qu’un ! Je suis si lasse. - ... - Vous êtes un lâche. Vous avez mis tout ça en route, puis vous avez disparu à jamais. Que faisiez-vous pendant que je leur donnais les moyens de faire l’histoire, pendant qu’ils grandissaient ? Où étiez-vous pendant que j’éveillais en eux des désirs de progrès, d’avenir ? - ... - Je vous ai appelé si souvent... Non ! Ce n’est pas ma faute ! Moi, je leur vantais la force du vent, la chaleur du soleil, la magie des grands espaces... Ils me répondaient technologie, profit et prix du baril... Je leur parlais d’oxygène, d’eau pure et de verts feuillages, ils me répondaient OGM, nucléaire et coca-cola. Aujourd’hui je ne maîtrise plus mes éléments... Je ne suis plus qu’ouragans, tremblements et tsunamis. Je fonds en haut, je désertifie en bas... Ils épuisent mes réserves plus vite que je ne peux les réapprovisionner... Beaucoup plus vite ! Soupir Le plus incroyable, c’est que certains d’entre eux pensent que cela vient de vous. Pauvres imbéciles, ils sont les seuls responsables ! - ... - Allez, je vous laisse à votre triste éternité. Ça m’a fait du bien de vous parler, même si vous n’avez rien entendu. Je vais poursuivre mon combat. Essayer... Espérer. Appeler les enfants pour leur dire que j’y crois encore, que je crois en eux, que tout n’est pas perdu ! Je ne compte plus sur vous. Adieu. Clic ! ***** - Allo les Hommes ? Ici la Terre... 
10-11-2009, 10:22:05 le Râleur.na
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